Julio Gonzalez au Centre Pompidou.
Julio González, l’homme de fer, au Centre Pompidou
Figure emblématique de la création artistique du début du XXème siècle, Julio González est le père de la sculpture en fer. Le Centre Pompidou rend hommage à cet artiste exceptionnel en présentant environ deux cents de ses oeuvres. A la fois chronologique et thématique, l’exposition qui se tient jusqu’au 8 octobre, offre un panorama complet du travail de Julio González, jusqu’à sa disparition en 1942.
Né en 1876 à Barcelone, il fait son apprentissage dans l’atelier familial d’orfèvrerie et de ferronnerie d’art. En 1900, le catalan arrive à Paris et s’installe dans le quartier Montparnasse. Chez Renault, à Boulogne-Billancourt, iI acquiert la technique de la soudure à l’acétylène, un procédé qui sera déterminant dans sa création. L’art de Julio González atteint son apogée dans les années 30 avec des grandes sculptures en fer aux formes inédites, stylisées, comme en équilibre constant dans l’espace : Femme se coiffant I, La Girafe, ou encore L’Ange, L’Insecte, La Danseuse, toute hérissée d’élytres.
Verticales, aériennes, ces oeuvres linéaires sont issues du concept de «dessin dans l’espace», élaboré par González lors de sa collaboration avec Picasso entre 1928 et 1932. Elles précédent un cycle de têtes pleines, dont certaines en bronze, inspirées par la statuaire médiévale. Les dernières années de la carrière de González sont représentées à Beaubourg par l’ensemble majeur des dessins et des sculptures prenant la Montserrat, la vierge catalane, pour emblème de la tragédie de la guerre civile espagnole ainsi que par les figures hybrides et biomorphiques comme les Homme Cactus.
Julio González a fait entrer dans le domaine des beaux-arts des matériaux et des techniques autrefois réservés à la production d’objets utilitaires. Il a développé une oeuvre originale, affranchie des frontières stylistiques entre cubisme et surréalisme, figuration et abstraction. Son influence sur la sculpture contemporaine, notamment les praticiens du fer, de David Smith à Eduardo Chillida, de Jean Tinguely à César, est sans nul doute déterminante.
Site : centrepompidou.fr
Nicole Salez.